16/06/2014

APPARITION DE LA SAINTE CROIX A MIGNÉ

 

 

 

 

 

APPARITION DE LA SAINTE CROIX A MIGNÉ

au diocèse de Poitiers

 

En 1826, le curé de la paroisse de Migné, qui compte un peu plus de 2.000 habitants, M. François Borein de Beaupré, avait décidé de faire donner à ses fidèles les exercices de la mission à l'occasion du jubilé et en vue de renouveler parmi eux l'esprit religieux. Il avait choisi comme prédicateurs deux prêtres éloquents et dévoués, M. Pasquier, curé de Saint Porchaire, à Poitiers et M. Marsault, aumônier du collège royal.

 

La mission s'ouvrit le 5 novembre et son succès fut tel qu'il fut décidé qu'elle se poursuivrait jusqu'au 17 décembre. Ce jour-là une croix devait être érigée dans le cimetière de la paroisse. On alla la chercher en procession au château d'Auxance, à un kilomètre de là, d'où l'on revint en cortège à Migné. Il était environ quatre heures et demie du soir quand la Croix ayant été planté, M. Marsault prit la parole devant une foule d'environ 2.000 personnes, pour tirer de cette cérémonie les leçons qu'elle comportait.

Il en était venu, dans son discours, à évoquer le souvenir de la Croix qui apparut à l'empereur Constantin, marchant en guerre contre Maxence, quand il s'aperçut d'un murmure confus, qui s'augmentait autour de lui. Pour dominer ce bruit, dont il ignorait la cause, il éleva encore la voix, tandis que M. l'abbé Pasquier recommandait le silence à la foule.

C'est alors que les fidèles montrèrent du geste à l'abbé Pasquier la Croix lumineuse qui venait d'apparaître dans le ciel. Plein d'émotion il cria à l'abbé Marsault : "Ne parlez plus de la Croix qui apparut à Constantin : voyez celle qui parait dans les airs !...". En même temps, le curé de Migné, remarquant à son tour le prodige tirait le prédicateur par le bras criant aussi : "Marsault ! Marsault, c'est un miracle !

La Croix lumineuse.Dans le ciel, en effet, et dans l'obscurité de la nuit qui était tombée, à environ cinquante mètres au-dessus du sol, une Croix lumineuse, sans être éblouissante, se dressait, immobile et majestueuse. Elle était couchée dans la direction de l'occident, le pied correspondant au pignon de la façade de l'Église, tandis que la tête se projetait au-dessus d'un moulin, au bord de l'Auxance. Sa longueur pouvait être d'environ quarante cinq mètres. Tous ses contours se précisaient avec netteté, la traverse qui formait les bras coupant à angle droit la tige principale.

Elle fut visible de cinq heures à cinq heures et demie du soir, par toute la foule invitée par l'abbé Marsault à chanter le cantique : Vive Jésus ! Vive sa Croix. Vers cinq heures et demie, tandis qu'on donnait dans l'Église la bénédiction du Saint-Sacrement, elle commença de s'effacer, en diminuant progressivement ; quand on sortit de l'Église, elle avait disparu.

L'enquête canonique. Un tel événement n'avait pu manquer de susciter à Migné et dans la contrée une vive émotion. Dès le 22 décembre, le curé de Migné, les prédicateurs, diverses personnes, dont le maire et l'adjoint, en attestèrent de la réalité dans un procès-verbal que signèrent avec eux quarante et un témoins.
le 31 décembre, un nouveau rapport fut envoyé au préfet du département. Le 16 janvier 1827, une enquête canonique fut prescrite par Mgr de Bouillié, évêque de Poitiers, qui ne fut close que le 7 février ; enfin, le 28 novembre 1827, Mgr de Bouillié, dans une lettre pastorale, ayant déclaré les faits authentiques, décida qu'un Te Deum d'action de grâces serait chanté, le 16 décembre, dans toutes les églises de son diocèse. Entre temps, trois brefs pontificaux avaient été publiés, dont le troisième en date du 18 août 1827, renfermait les paroles du Pape Léon XII, se disant "personnellement et d'après son jugement particulier, persuadé que le prodige de Migné ne peut être attribué à des causes purement naturelles, sans vouloir encore cependant, affirmer, par lettres publiques, que ce soit un incontestable miracle".

Mais, depuis lors, le souvenir de l'apparition du 17 décembre 1826 fut régulièrement commémoré, notamment lors de son vingt-cinquième et son cinquantième anniversaire, en 1851 et en 1876 sous l'épiscopat du cardinal Pie. En 1876, il y avait encore, à Migné, environ quatre vingt témoins du prodige. Ils avaient entre 60 et 88 ans. Ils renouvelèrent leur témoignage public, en faveur de l'authenticité de légèrement.

Migné en 2006. Dans l'Église est présent le souvenir de cet événement miraculeux. A l'intérieur, on peut voir à l'endroit de l'apparition, une grande croix recouverte de cuivre, fixée à la voûte du transept.
Une inscription gravée au-dessus de l'entrée de l'église remémore l'apparition. 

Les commentaires sont fermés.